Sur la base d’accusations jugées invérifiables et pour la plupart calomnieuses par le SNJ, la direction du tout nouveau groupe de presse de Gérard Kouchner, GPsanté, qui édite entre autres Le Quotidien du médecin, Le Généraliste et Décision Santé, a décidé de mettre à pied le délégué du personnel de Décision Santé le 12 octobre dernier.
Sans même avoir mené la moindre enquête préalable, la direction de ce groupe de presse médicale, qui n’en est pas à sa première en terme de répression syndicale, a choisi la méthode la plus brutale qui soit… pour tenter de faire taire la dernière voix syndicale de ce groupe de presse, pris dans la tourmente de l’affaire du Médiator, que le SNJ avait dénoncé en son temps.
Motif de cette mise à pied  : deux commerciales se plaignent d’attaques répétées (n’ayant pas peur de parler de harcèlement) de notre représentant, par ailleurs rédacteur en chef adjoint, à leur encontre. En fait d’attaques, la plupart des faits cités ne sont guère que des protestations de Jean-Bernard Gervais, par ailleurs membre du bureau national du SNJ et secrétaire général de la région Ile-de-France, face au dévoiement de notre convention collective et de notre déontologie journalistique à Décision Santé : interviews commandées par des commerciaux, informations commerciales publiées sans avertissement, etc. Les deux commerciales ne s’en cachent même pas, l’une d’entre elles reprochant par écrit à Jean-Bernard de ne pas s’exécuter lorsque cette dernière lui demande de rédiger un publi-communiqué ! Le reste est à l’avenant.
Si le procédé est cousu de fil blanc, il n’en est pas moins efficace : depuis que notre représentant a été éloigné de son lieu de travail, les commerciales de Décision Santé ne se cachent plus pour publier, tels des articles, les informations commerciales de leurs clients, sans que la rédaction en chef, acquise à ce genre de procédés, n’y voie à redire.
A l’heure où Xavier Bertrand, ministre de la Santé, discute du projet de loi sur le médicament, qui prévoit entre autres de mieux contrôler les conflits d’intérêt dans la presse médicale, force est de constater que GPSanté n’en a cure, cultivant la confusion entre communications commerciales et articles de presse.
Le procédé est d’autant plus scandaleux que le même groupe bénéficie des aides à la presse, et a déposé moult dossiers d’aide à la presse en ligne !
Les difficultés financières que traverse le groupe, qui envisage, par mesure d’économie, de ne plus publier le Quotidien du médecin que deux à trois fois par semaine, n’explique pas les entorses répétées à la convention collective des journalistes, et la brutale répression anti-SNJ menée tambour battant par les affidés de Kouchner. De guerre lasse, nos derniers représentants au Quotidien du médecin devraient eux aussi quitter le bateau.
A quelques jours des Assises nationales sur le journalisme, le SNJ rappelle que la presse médicale n’échappe pas au règles de la profession, et demande instamment que la déontologie journalistique soit respectée.
Face aux attaques répétées contre nos représentants, le SNJ emploiera tous les moyens à sa disposition pour faire cesser ces voies de fait, qui n’ont que trop duré.