images Après des années de négociation, la Fédération nationale de la presse spécialisée (FNPS) et les syndicats de journalistes sont enfin parvenus à un accord pour un barème minimal de pige. Celui-ci s’établit à 45 € pour les publications diffusées à plus de 5 000 exemplaires et à 42 € pour celles diffusées à moins de 5 000 exemplaires.

 

Le SNJ n’avait pas ménagé ses efforts pour arriver – par palier – à un barème aligné sur celui de l’ex-Syndicat de la presse périodique d’opinion (SPPMO), soit 53,47 € le feuillet. Malgré l’insuffisance des montants, notre syndicat a signé l’accord pour mettre fin à des pratiques tarifaires lamentables, du style 30 € le feuillet dans certaines publications spécialisées.
Dès que l’accord aura été déposé au ministère du Travail, le SNJ en demandera l’extension afin que ce barème s’applique dans toutes les entreprises de la presse spécialisée y compris celles non adhérentes à la FNPS.

 

Le SNJ invite tous les journalistes pigistes concernés et tous ses délégués dans les entreprises de presse spécialisée à contrôler la bonne application de cet accord en veillant à plusieurs points :

  • le barème de 42 ou 45 € le feuillet s’entend en salaire brut avant congés payés, 13ème mois et éventuellement ancienneté (même s’ils sont payés chaque mois, ces éléments de salaire doivent s’ajouter et non être inclus dans le barème minimal) ;
  • ce barème s’applique à partir du 1er août mais, compte tenu des vacances estivales, un décalage dans sa mise en place pourra exister ; il conviendra alors de demander sa rétroactivité ;
  • ce barème minimal ne doit pas servir de prétexte à une harmonisation par le bas : les tarifs plus élevés doivent être maintenus (une baisse du tarif de pige est assimilable à une modification du contrat de travail, laquelle ne peut se faire qu’avec l’accord du salarié) ;
  • ce barème minimal évoluera parallèlement, en pourcentage, aux salaires minima des journalistes mensualisés à chaque fois que les négociations paritaires aboutiront à une augmentation générale à la FNPS ;
  • toute entreprise de presse spécialisée qui proposerait un tarif inférieur serait en infraction, il conviendrait de le lui signaler soit directement, soit en saisissant le SNJ pour qu’il intervienne auprès de la direction.

 

A ce jour, seule la presse quotidienne nationale (avec un barème de 63,96 € le feuillet), l’ex-SPPMO, les radios locales, les agences audios et quelques entreprises de presse ou d’audiovisuel disposent de barème minimal de pige.

 

Aussi, le SNJ demande-t-il au ministère du Travail des Commissions mixtes paritaires pour obtenir de réelles négociations avec les fédérations patronales réticentes à traiter la question. Notamment pour un barème photo toujours pas négocié alors qu’il était rendu obligatoire par la loi Hadopi de 2009.
Pour pallier ce manque, un décret à paraître doit fixer temporairement un barème minimal pour les photos reporters rémunérés à la pige.

 

Martine Rossard