index1C’est assez rare pour être souligné : on peut avoir un statut précaire (pigiste), être isolé et en tout petit nombre (seulement 3 journalistes), travailler à l’autre bout de la France (reporters postés en province)… et parvenir, en dépit de ces éléments contraires, à obtenir gain de cause auprès d’une direction qui faisait obstacle jusque-là aux demandes formulées depuis plusieurs mois par les intéressés.

C’est ce qui est arrivé à Europe 1 courant septembre aux correspondants pigistes de la station en poste dans le grand ouest, la vallée du Rhône et les Alpes. Solidaires dans leur démarche, et forts du soutien des élus du personnel et des syndicats (dont le SNJ en première ligne), ils ont réussi à faire reconnaître leur droit à une collaboration régulière alors que la direction d’Europe 1 leur avait fait comprendre au début de l’année que leurs piges seraient désormais réduites à la portion congrue.

Changement de politique

Petit retour en arrière (lire aussi notre article) : en février 2015, la direction de la rédaction décide de changer de politique en matière de recours aux pigistes basés en province. Très sollicités jusque-là pour nourrir les tranches d’information de la semaine et plus encore du week-end, ils se voient d’un seul coup confinés au rôle de supplétifs des correspondants régionaux en titre.

Avec malgré tout l’exigence de rester disponibles à tout moment pour partir dans l’heure sur la couverture d’un événement imprévu qui surviendrait dans leur région. Constatant très vite l’effondrement de leurs commandes de reportages, et comprenant que ce changement de cap est inscrit dans la durée, ils demandent tous les trois à la direction d’Europe 1 de reconnaître la rupture de leur contrat de travail du fait de l’employeur. Refus ferme de la direction pendant plusieurs mois… jusqu’aux premiers jours des vacances d’été.

Danger

Et là, subitement, la direction prend conscience du danger. Elle n’a personne d’autre pour couvrir l’actualité dans les trois régions où ils sont basés. S’ils persistent de façon solidaire à ne plus vouloir travailler pour Europe 1, comment rendra-t-on compte sur l’antenne de l’actualité de ces régions ? Une actualité d’autant plus riche qu’elles sont le théâtre d’une arrivée massive de touristes en juillet et en août.
La direction revient du coup à de meilleures intentions. Elle se rapproche des trois journalistes et finit par leur proposer ce qu’ils n’avaient jamais eu jusque-là : un système de forfait leur garantissant un minimum de 10 à 13 piges par mois.
En septembre, les contrats mettant en place ces forfaits sont signés. Ce qui permet aux pigistes de retrouver une considération que, soit dit en passant, ils n’auraient jamais dû perdre…

Olivier Samain, DS SNJ Europe1