imgres3La négociation sur la formation des journalistes pigistes de presse écrite, agences et presse en ligne vient d’aboutir à un accord signé en avril par l’ensemble des organisations patronales concernées et, côté syndicats de journalistes, par SNJ-Solidaires, CGC et CFTC.

Les syndicats non signataires n’ont pas fait opposition. Et la commission paritaire pigistes prévue par l’accord vient de tenir fin mai sa première réunion avec la participation notamment de deux représentantes SNJ, elles-mêmes journalistes pigistes. Cette commission doit définir des priorités de formation mais aura un rôle réduit par rapport à la précédente commission. L’accord doit donc désormais s’appliquer. Les demandes de CIF seront ainsi traitées par la Commission CIF presse.

L’ensemble des financements doivent être versés à l’Afdas, organisme paritaire collecteur agréé pour la presse auprès de qui les journalistes pigistes titulaires de la carte professionnelle peuvent s’informer et demander le financement de formations.
L’accord confirme la possibilité pour les journalistes pigistes de suivre des actions dans le cadre des plans de formation des entreprises auxquelles ils collaborent. A eux d’être vigilants sur le versement du salaire pendant les heures de formation, considérées légalement comme temps de travail.

Les négociateurs syndicaux, notamment les trois du SNJ très investis dans les discussions, ont obtenu un financement conventionnel complémentaire de 0,30 % de la masse salariale pigistes destiné exclusivement à la formation des journalistes pigistes, qui vient s’ajouter au financement légal (1 % pour les entreprises de plus de 10 salariés, 0,55 pour celles ayant un effectif inférieur).  L’accord permet par ailleurs d’utiliser les fonds destinés à la professionnalisation sans intervention de l’employeur.

La réforme de la formation professionnelle, entrée en vigueur le 1er janvier 2015, avait rendu caduc l’accord de 2009 qui – pour les journalistes pigistes – mutualisait à l’Afdas l’ensemble des financements et des dispositifs, y compris le montant dédié au plan de formation d’entreprise.

Cette réforme a réduit le pourcentage de la masse salariale que toute entreprise doit consacrer à la formation, supprimant même toute obligation d’un financement minimal de leur plan de formation  pour les entreprises de plus de 300 salariés. Pour les entreprises de plus de 20 salariés, l’investissement formation minimal chute légalement de 1,6 % de la masse salariale à 1 %, sauf accord de branche ou d’entreprise plus favorable.

L’accord mentionne le conseil en évolution professionnelle, une nouveauté inscrite dans la loi et accessible à tous. Il ne règle cependant ni la question des entretiens professionnels, obligatoires pour tous les salariés, dont le SNJ demande la mise en oeuvre par les employeurs principaux ou réguliers, ni celle de l’abondement du Compte personnel de formation, également prévu pour tous les salariés en cas d’absence au bout de six ans de toute augmentation, promotion ou action de formation ou de validation des acquis.

Ce qui a conduit le SNJ à assortir sa signature d’une réserve écrite à ce sujet.
Les journalistes pigistes de l’audiovisuel sont couverts par l’accord signé notamment par le SNJ en 2015 pour l’ensemble des salariés de ce secteur avec des dispositions spécifiques, réclamées par les négociatrices SNJ, leur permettant un accès réel aux différents dispositifs de formation.

Aucun accord formation n’a été négocié pour l’ensemble des salariés de la presse. Seules les fédérations patronales de presse quotidienne régionale, presse quotidienne départementale et presse périodique régionale ont négocié un accord également signé par le SNJ.