indexLe groupe Infopro-digital a été racheté par le groupe Tower Brook en juin dernier, ce changement d’actionnaire principal ouvre donc la possibilité aux journalistes de faire valoir leur clause de cession. Pour encadrer cette situation, la direction a réuni les syndicats des différentes filiales pour négocier un accord autour de cette clause de cession. 

Comme toujours, la direction souhaite « aller vite », et les dirigeants d’Infopro sont même très pressés au point d’envoyer un courrier aux journalistes fixant unilatéralement la date de clôture de la clause au 30 septembre, soit à peine quatre mois (y compris les mois d’été).

Unanimement, les syndicats ont tous souhaité prolonger ce délai au moins jusqu’à la fin de l’année. Même si théoriquement une clause ne se « ferme » pas.

Après seulement deux ou trois réunions, la direction propose un diktat :

– Ouverture de la clause jusqu’au 30 novembre.

– Pour les journalistes ayant plus de quinze années d’ancienneté, la direction souhaite encadrer, avant la Commission arbitrale, le montant attribué des indemnités de départ. Les salariés ayant leur retraite à taux plein auraient 1 mois par année au-delà de la quinzième année. Tous les autres obtiendraient 1,2 mois par année au-delà de la quinzième année.

La direction affirme par ailleurs qu’elle favorisera la mobilité interne pour remplacer certains départs par le biais d’une information ciblée envers les journalistes rémunérés à la pige et les CDD.

L’accord est à prendre ou à laisser. Et ne sera reconnu par la direction que si l’ensemble des entités concernées du groupe (Moniteur, Gisi, ETAI, Territorial, Bedouk, Red on Line, APC) valident cet accord. Et même mieux, la direction exige que tous les syndicats signent cet accord.

Le SNJ ne signera pas cet accord. Pourquoi ?

Le SNJ trouve scandaleux le distinguo qui est fait entre les journalistes déjà en retraite, à qui on attribuerait 1mois par année d’ancienneté, et les autres qui bénéficieraient d’1,2 mois.

Le SNJ considère que ça n’est pas aux syndicats de fixer le montant de ces indemnités. La Commission arbitrale est souveraine, c’est à elle de trancher.

Surtout, le SNJ déplore le non remplacement de nombreux confrères qui vont partir dans les différents titres du groupe. Passé le délai d’ouverture de la clause, l’effectif des journalistes sera considérablement réduit et la charge de travail des collègues restant sera encore alourdie alors que les cas de burn out se multiplient dans le groupe.

Le SNJ regrette également que la direction ait refusé de donner aux journalistes en interne un délai pour favoriser les mutations, ni de s’engager sur le maintien de l’emploi. Or, la fermeture de plusieurs titres a déjà été annoncée en juillet.

De plus l’unanimité pour faire valider un accord sur une clause de cession n’est en rien requise. Le chantage exercé par la direction n’est pas légal, il est le résultat d’un rapport de force que veut imposer l’une des parties, en l’occurrence la partie patronale. Face à ce coup de force, une seule solution : refuser de signer!

D’autant que l’arme de l’unanimité est constamment brandie, elle est même devenue systématique chez Infopro-Digital (accord d’intéressement, NAO…)

Il s’agit pour le SNJ de rester debout, de tout faire pour maintenir en l’état les droits des journalistes et de garantir la souveraineté et l’existence de la commission arbitrale.