info6tmLes salariés d’Info6tm demandent des explications urgentes à leur patron, François Grandidier, qui a racheté le 1er juilllet 2016 la BU Presse de Wolters Kluwer France. A cette date, 292 salariés, y compris 120 journalistes pigistes réguliers, ont été transférés dans Info6tm, société nouvellement créée par le patron d’ATC pour poursuivre la publication d’une douzaine de titres de la presse spécialisée (*) de l’ancien groupe Liaisons sociales. Depuis, c’est le chaos, avec plus de quarante départs de journalistes au titre de la clause de cession, la multiplication des démissions et des arrêts-maladie.

En l’absence de direction effective et d’organisation du travail par l’employeur, les salariés sont dans le flou total quant à leur avenir. François Grandidier ne s’intéresse qu’au montage financier de son entreprise. Il vient de créer cinq filiales sous forme de sociétés en nom collectif dans lesquelles il a de nouveau transféré une bonne partie des salariés et cédé, provisoirement, une partie des activités -les titres de la presse transports de marchandises et logistique – à la SAS Supply Chain Magazine, dans laquelle il détient une participation minoritaire.

Sabordage

Le patron d’Info6tm, qui nourrit de grandes ambitions dans la presse spécialisée, entend imposer dans sa nouvelle entreprise le « business model » qu’il a instauré dans ATC, quitte à saborder les activités et désorganiser le travail. En vidant de leur substance les titres de presse qu’il a rachetés, François Grandidier entend ensuite les relancer selon un modèle low cost, avec trois fois moins de salariés et des exigences de bénéfices irréalistes. Le tout à bon compte, sans mise en œuvre d’un plan social.

Pour parvenir à ces fins, tout est mis en œuvre pour dégoûter les salariés : absence totale de communication, absence de réponse aux courriers et courriels, réorganisation permanente de l’entreprise, non remplacement de la plupart des départs, absence de stratégie claire, application à géométrie variable des accords d’entreprise, pressions multiples, injonctions contradictoires, services supports et management intermédiaire sous dotés, transfert des contrats de travail dans des filiales dont l’activité n’est plus de publier des titres de presse… Autre exemple de ces errements, le déménagement des locaux de l’entreprise dans la tour Montparnasse a déjà été reporté deux fois et est à présent prévu pour la fin novembre. Et tout est à l’avenant. La tâche est d’autant plus aisée que les instances représentatives du personnel n’ont pas encore été élues.

Basses œuvres de WKF

La dégradation continue de leur situation pousse aujourd’hui les salariés d’Info6tm à interpeller publiquement leur patron. Une pétition circule et d’autres moyens d’action sont envisagés pour que cesse son entreprise de destruction. Pour impliquer aussi Wolters Kluwer France, éditeur d’ouvrages et de titres de presse en droit du travail et en droit social, qui a pris l’habitude de contourner les plans sociaux en revendant les activités à réorganiser à des repreneurs chargés d’accomplir, et au rabais s’il vous plaît, les basses œuvres.

(*) Actualités sociales hebdomadaires, Liaisons sociales magazine, Entreprise & Carrières, Lettre des juristes d’affaires, Droit et Patrimoine, L’Officiel des transporteurs, Logistique Magazine, France Routes, Le Journal de la Marine marchande, Tour Hebdo, Connexion Transports Territoires, Tourisme de groupe-Bus & Car…