Comment fonctionne la permanence déontologie ?

Pierre Ganz : Cette permanence fonctionne par échanges électroniques (permanencedeontologie@snj.fr). Les trois militants qui l’animent répondent à tout journaliste confronté à un problème éthique. En quatre ans, nous avons été sollicités une soixantaine de fois essentiellement par des jeunes, des isolés, des pigistes ou des CDD en conflit d’intérêts avec leur employeur pour des questions de plagiat, de modification du contenu, de revente du travail à des tiers sans accord, d’ingérence sur le contenu rédactionnel… Nous fournissons des réponses détaillées avec des conseils, des précisions sur la règle éthique, le rappel du droit au refus, notamment au refus de signature, mais sans imposer d’oukaze compte tenu de la précarité des intéressés. En 2013, parallèlement à la permanence, le SNJ avait lancé des « ateliers déontologie ». Six ont été organisés par des sections régionales avec les militants déontologie.

La permanence est-elle sollicitée pour la négociation des chartes éthiques d’entreprise prévues par la loi Bloche ?

snjcharteP.G. : Les échanges entre les délégués d’entreprise et les militants du siège à ce sujet passent par la liste de discussion charte@snj.fr La déontologie devrait être la même dans tous les medias. Aussi le SNJ recommande-t-il l’adoption partout de la charte du SNJ 1918/1935/2011 . Ce document est ainsi mentionné dans les accords négociés et signés à France TV et à Radio France en 2011 A défaut, la référence peut être la Déclaration des devoirs et des droits, signée à Munich en 1971 par les syndicats européens de journalistes. Des accords citent la Déclaration de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) de 1954 révisée en 1986 .

Quels conseils donner aux délégués d’entreprise à ce sujet ?

P.G. : Il faut parler déontologie dans les entreprises, dans les rédactions, en conférences de rédaction et réagir tant individuellement que collectivement face à toute atteinte ou menace sur nos principes. Le SNJ est mobilisé de longue date sur le sujet avec la Charte de 1918, la création de la Commission de la carte en 1935, la référence à la Charte de 1918 dans l’avenant audiovisuel de la Convention collective des journalistes en 1983, la sortie du Livre blanc en 1993, la création du Comité presse police justice… Et, n’étant pas confédéré, le SNJ peut s’exprimer sans interférence d’une hiérarchie confédérale. L’autonomie est un atout pour la défense de la déontologie, indispensable à l’indépendance et à la qualité de l’information. La pratique syndicale doit concerner l’action sur les droits sociaux mais aussi la responsabilité du journaliste dans la société.

 

* Pierre Ganz est journaliste, ancien DS SNJ à Radio France et vice-président de l’Observatoire de la Déontologie de l’Information