mondadori_3Peut-on vraiment rire de tout ? C’est la grande question qui anime l’ensemble des salariés de Mondadori France. Le 6 octobre 2017, Mme Mercier-de Luze, Directrice des Ressources Humaines de l’entreprise, adresse un courriel à tout le personnel, dans lequel elle ironise sur une opération de dératisation prévue dans les locaux, en s’inquiétant des « violences » envers les rongeurs qu’un tel procédé pourrait engendrer. Et de conclure en annonçant vouloir saisir « le CHSR (comité hygiène et sécurité des rongeurs)« .

Un humour spécial « DRH » auxquels peu de salariés ont goûté. D’autant que ce mail est envoyé quelques dizaines de minutes après la tenue d’une réunion au cours de laquelle les experts du Cabinet Actysens ont présenté au CHSCT de Mondadori leur rapport sur les risques psychosociaux (RPS) dans l’entreprise. Edifiant à plus d’un titre ce document fait notamment état de :

– l’appréhension très limitée par la Direction des RPS auxquels sont exposés les salariés de Mondadori France ;

– conséquences lourdes des réorganisations successives ;

– l’absence d’intérêt de la hiérarchie pour le travail réel des salariés ;

– la fréquence des violences psychologiques dans l’entreprise ;

– risques importants de « burn-out » ;

– canaux d’alerte déficients ou négligés.

Devant la stupéfaction générale provoquée par cette bourde bien malvenue, la Direction de l’entreprise reste muette. Le 9 octobre 2017, les organisations syndicales CFDT, CGC, CGT, FO et SNJ rédigent une lettre ouverte à la Direction de Mondadori France dans laquelle elles s’étonnent d’un tel mépris à l’égard des représentants du personnel comme de l’ensemble des salariés.

Il faut attendre sept jours pour que ce silence assourdissant soit rompu. Le 16 octobre 2017, la DRH du groupe adresse un nouveau mail à l’ensemble des salariés, courriel qu’elle conclue en ces termes : « je regrette sincèrement que certains parmi vous aient pu être heurtés par cet email et je les prie de bien vouloir m’excuser de l’émotion qu’il a provoquée. »

Des excuses tardives – elles interviennent dix jours après les faits – qui n’éludent en rien l’épineux problème des conditions de travail dans l’entreprise.

Le SNJ ainsi que toutes les organisations syndicales demandent à la Direction de préserver la santé et les conditions de travail de ces salariés et d’établir dans un délai de deux mois un plan d’action sur les RPS au sein de l’entreprise comme le demande le CHSCT de Mondadori France.

La section SNJ de Mondadori.