IMG_7444Au terme d’une grève de presque trois semaines, les salariés de la société ASH Publications viennent de reprendre le travail. Confrontés au refus de leur direction d’ouvrir de réelles négociations, ils n’ont pas obtenu le maintien au sein de la rédaction des six journalistes qui avaient été recrutés en CDD, précise le communiqué des organisations syndicales dont le SNJ. Ces confrères se sont vu proposer un contrat à l’agence Pixel Image, une société de Groupe6tm, dont les clients sont les sociétés éditrices du même groupe !

Quelle garantie ?

« Ce contrat indique qu’ils seront attachés au « service social » de l’agence, dont les seuls clients sont, pour l’heure, les titres de presse édités par la société ASH Publications : le magazine ASH, son supplément juridique, son site internet et le Guide de l’action sociale, mais aussi les titres liés à Doc’Editions – une activité que le groupe ATC de M. Grandidier a cédée à l’automne dernier à la société ASH. Lorsqu’ils se sont engagés pour les ASH, les six journalistes nouvellement recrutés l’ont fait pour travailler sur et pour le secteur social et médico-social. Ils espèrent qu’ils pourront continuer à le faire, mais n’en ont pas reçu la garantie. Les contrats Pixel Image prévoient qu’ils peuvent travailler pour d’autres supports de presse que ceux de la société ASH Publications. Ils n’ont pas non plus réussi à obtenir une revalorisation de leur salaire initial.

Rédaction exsangue

« L’intérêt pour le secteur social, les liens qu’ils ont noués avec leurs collègues en place aux ASH, mais aussi la réalité du marché du travail dans la presse les ont convaincus de poursuivre leur collaboration avec Groupe6tm, malgré le mépris affiché par ses dirigeants. L’un d’eux n’a toutefois pas souhaité poursuivre sa collaboration avec Groupe6tm et pointera à Pôle emploi. Depuis le 2 juillet, la société ASH Publications ne compte plus en son sein que quatre journalistes rédacteurs, trois secrétaires de rédaction, une rédactrice graphiste, une correctrice et 17 journalistes pigistes réguliers. Ils sont « dirigés » par un éditeur délégué et directeur de la rédaction qui n’est pas journaliste. En un an, l’effectif sur site de la société est passé de 21 à 10 salariés. Quant au rédacteur en chef, par ailleurs également rédacteur en chef des publications de la société Social RH (Entreprise & Carrières, Liaisons sociales magazine), il est salarié de la société Info6tm. Le modèle qui est proposé aux salariés des ASH consiste à sous-traiter une grande majorité de leur travail à l’agence Pixel Image, où exercent désormais leurs anciens collègues.

Travail inadapté

« Les salariés des ASH en sont convaincus depuis longtemps : un tel modèle n’est pas adapté à une presse qui a la prétention de la qualité, en apportant une information indépendante, complète et approfondie aux professionnels qui la lisent. La sous-traitance n’est pas compatible avec la réalité du travail d’une rédaction. Pour produire de façon fluide et cohérente un magazine chaque semaine et alimenter quotidiennement un site internet, l’équipe doit pouvoir se concerter en permanence. Les numéros parus durant la grève, rédigés et mis en page sans l’équipe des journalistes des ASH, l’ont montré. Quant au site internet, il n’a publié, en près de trois semaines, qu’un seul « article »… Reste à espérer que l’avenir contredira les craintes exprimées depuis des mois par l’équipe des ASH, qui ne reçoit pas la moindre attention de la part de ses dirigeants« , conclut le communiqué.