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Procédure de sauvegarde pour La Tribune
Valérie Decamp, PDG de La Tribune, a annoncé, le 4 janvier, lors d’un CE extraordinaire que le quotidien économique était placé pour six mois en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Paris.
Cette procédure lui permet de poursuivre son activité et de geler ses dettes. La PDG, qui a racheté La Tribune en mai dernier à Alain Weill (groupe NextRadio) pour un euro, a par ailleurs annoncé qu’elle était en discussion avec des investisseurs. Objectif : recapitaliser le titre à hauteur de 15 millions d’euros.
C’est à nouveau une mauvaise nouvelle pour les salariés de ce journal dont le déficit s’élèverait à 9 millions d’euros en 2010. La direction devait s’adresser au personnel ce 5 janvier.
Accord RTT : la direction de La Tribune lâche du lest
Grâce notamment à l’action du SNJ, la direction de La Tribune renonce provisoirement à dénoncer l’accord relatif à la réduction du temps de travail (RTT) qui avait été signé en 2000. Le préavis de grève, déposé par la section SNJ du quotidien économique, a été suspendu. Le journal est présent dans les kiosques ce matin.
Valérie Decamp, la directrice générale, a annoncé hier, 29 novembre, dans la foulée de l’assemblée générale, qu’elle engagerait des négociations sur la thématique de la réduction du temps de travail.
La direction de La Tribune veut dénoncer l’accord sur la réduction du temps de travail
Cela devient une habitude chez les patrons de presse : après L’Express (Groupe Roularta), c’est autour de la direction de La Tribune de vouloir dénoncer l’accord portant sur la réduction du temps de travail signé en 2000. Annoncée lors en comité d’entreprise, cette mesure se justifie, selon la direction du quotidien économique, « pour des raisons d’attractivité vis-à-vis des investisseurs ». Racheté en 2008 par Alain Weill (RMC, BFM), le quotidien a été cédé pour un euro à sa directrice Valérie Decamp.
« Brader le capital social de l’entreprise, mettre aux enchères les journalistes pour convaincre d’éventuels investisseurs est le meilleur moyen d’achever une entreprise très fragile.
Obliger les salariés à travailler plus, alors que les limites du supportable sont déjà atteintes, avec une rédaction totalement exsangue, est le meilleur moyen de démoraliser définitivement ceux qui croient encore en l’avenir de ce titre ! A l’heure où la rédaction se réorganise en bimédia, ce qui veut dire plus de travail pour tous, ce type d’annonce marque un profond mépris pour tous les salariés. C’est la réponse de la direction aux efforts fournis par tous les salariés alors que les départs succèdent aux départs sans qu’il y ait de remplacement », explique le SNJ dans un tract diffusé le 25 novembre.
Suite à cette annonce, la section SNJ de La Tribune a aussitôt convoqué une assemblée générale et organisé un référendum. A la question : « Êtes-vous favorable à la dénonciation de l’accord portant sur la réduction du temps de travail ? », les 90 journalistes votants ont répondu NON à 93,33 % (90,70 % de NON sur l’ensemble de la société).
Les salariés devaient être à nouveau invités à une assemblée générale ce 29 novembre. Un préavis de grève a en outre été déposé.
Les journalistes de La Tribune s’inquiètent d’une probable cession du quotidien
Alain Weill, président du groupe NextRadioTV (BFM, BFMTV, RMC…) et actuel propriétaire de La Tribune vient d’annoncer qu’il mettait en vente le quotidien économique racheté en février 2008 au groupe LVMH pour un euro symbolique. Il devrait céder 78% du capital à sa directrice générale, Valérie Decamp, chargée de trouver de nouveaux investisseurs.
Alain Weill a expliqué qu’un président doit se consacrer à temps plein à son entreprise pour justifier la mise en vente de La Tribune. « Personne ne peut croire à cet argument. Je ne connais aucun dirigeant qui ait le temps de s’occuper à 100% de toutes ses filiales ! Vincent Bolloré, Bernard Arnault ou Serge Dassault s’entourent de managers », a déclaré à l’AFP David Larbre, délégué SNJ de La Tribune.
Cette annonce a cueilli à froid les salariés du journal. Lesquels se sont déclarés « extrêmement déçus ». Le SNJ s’inquiète pour l’avenir du titre. « Potentiellement il y a un risque de voir le journal mettre la clé sous la porte d’ici la fin de l’année », a ajouté David Larbre.