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Groupe Express : la bataille des RTT

11 décembre 2010 Poster un commentaire

A Groupe Express-Roularta (GER), un nouvel accord RTT est en passe d’être signé par la CFDT et la CGT avec la direction. Pour la plupart des salariés (ceux qui avaient 28 jours de congés payés), le nombre de jours de RTT passe de 22 à 16 jours (avec des modalités plus contraignantes), mais ils obtiennent 2 jours de congés payés supplémentaires et une compensation financière.
Le SNJ, SUD (issu de la CGT à l’occasion de ce conflit) et FO, militaient évidemment contre toute diminution du nombre de jours. Mais la direction a, comme souvent à GER, trouvé une oreille attentive à la CFDT et à la CGT.

Plan de suppression d’emplois
En septembre 2008, quand la direction annonce son intention de dénoncer l’accord RTT, les AG, pétitions et arrêts de travail des salariés avec leurs organisations syndicales (à l’époque, CFDT, CGT et SNJ) la conduisent à un repli tactique : négocions, dit-elle.
Mais, très vite, l’unité syndicale vole en éclat : la CFDT et la CGT cèdent d’entrée de jeu sur le nombre de jours. En décembre 2008, la direction profite de la démobilisation pour pousser son avantage, dévoilant ses véritables intentions : elle dénonce l’accord RTT et lance un plan de suppression d’emplois (PSE), qui se traduira par le départ d’un dixième des effectifs (Le Journaliste n°291-292 et n°295).
Ce qui n’empêchera pas Rik de Nolf, patron de l’actionnaire Roularta, de déplorer « la difficulté de licencier des gens dans un pays où presque chacun est syndiqué et où l’on peut déclencher des grèves à la moindre inquiétude » (Le Monde, 24 mars 2009).

Divergences syndicales
Une fois dénoncé, l’accord court encore pendant 15 mois, et rien ne se passe pendant toute l’année 2009. Ou presque : la direction propose aux salariés de monétiser une partie du compte épargne-temps.
Puis l’absorption du Groupe Etudiant domine l’actualité de GER au début de l’année 2010. Mais, alors que les élections DP-CE à GER doivent se tenir en avril, la CFDT-CGT et la direction signent la prorogation de l’accord RTT. Comme si l’on redoutait que les électeurs se saisissent de ce débat sensible et tranchent dans les urnes sur les divergences syndicales… Les militants CGT de l’ex-Groupe Etudiant, en désaccord avec la CGT de Groupe Express Roularta (GER), s’en iront fonder une section SUD-Médias en septembre 2010, tandis que le délégué syndical de GER sera désavoué par le SNJ-CGT et sera accueilli par Info’Com CGT (structure créée en 2006 par le Livre CGT).
Le SNJ sort des élections d’avril 2010 largement renforcé, faisant jeu égal dans le collège journalistes avec l’alliance CFDT-CGT (Le Journaliste n°297). Il commence ce nouveau mandat en attaquant en justice la dénonciation de l’accord RTT, au motif que la direction n’a pas consulté le CE avant mais après la dénonciation. Malheureusement le SNJ sera débouté.

Opposition résolue
La tension monte à partir de la fin juin quand les négociations RTT s’ouvrent à nouveau. Alors que la direction réitère son objectif de ramener le nombre de jours de 22 à 13 (avec 2 jours de congés supplémentaires), la CFDT-CGT propose 16 jours de RTT, 4 jours de congés en plus et 1 % d’augmentation des salaires. Le SNJ redit son opposition résolue à toute diminution du nombre de jours de RTT ainsi que du nombre de jours de congés+RTT.

A l’appel du SNJ, de FO et de SUD, les salariés se mobilisent (AG, référendum, rassemblement pendant la négo…) pour (re)créer un rapport de force qui seul peut préserver les RTT. Mi-octobre, la tension est à son comble. Les salariés sont exaspérés. En pleine réunion de négo, un représentant CFDT manque de céder à la violence contre des représentants SNJ. Deux jours plus tard, la direction sort de son chapeau une proposition manifestement très travaillée, que la CFDT-CGT approuve séance tenante…
La direction a cédé du terrain, surtout en termes de compensations financières (heures supplémentaires, donc majorées de 25 %), ce qui ne laisse pas indifférent le personnel alors que les négociations salariales (NAO) n’ont rien donné depuis trois ans. Le 16 novembre, lors d’un référendum organisé par la CFDT et la CGT, près de 60 % des salariés approuvent le projet direction-CFDT-CGT.
Pour la section SNJ, cette bataille a montré qu’on ne peut rien obtenir si l’on ne s’appuie pas sur les salariés. Sans leur mobilisation, la direction n’aurait pas fait des concessions aussi importantes, aussi bien en ce qui concerne le nombre de jours que l’aspect financier. Et si toutes les organisations syndicales avaient été unies pour refuser les reculs, les salariés auraient pu préserver l’intégralité des RTT et sortir victorieux de ce conflit.

Voir le blog du SNJ Groupe Express

La direction de La Tribune veut dénoncer l’accord sur la réduction du temps de travail

29 novembre 2010 Poster un commentaire

Cela devient une habitude chez les patrons de presse : après L’Express (Groupe Roularta), c’est autour de la direction de La Tribune de vouloir dénoncer l’accord portant sur la réduction du temps de travail signé en 2000. Annoncée lors en comité d’entreprise, cette mesure se justifie, selon la direction du quotidien économique, « pour des raisons d’attractivité vis-à-vis des investisseurs ». Racheté en 2008 par Alain Weill (RMC, BFM), le quotidien a été cédé pour un euro à sa directrice Valérie Decamp.
« Brader le capital social de l’entreprise, mettre aux enchères les journalistes pour convaincre d’éventuels investisseurs est le meilleur moyen d’achever une entreprise très fragile.
Obliger les salariés à travailler plus, alors que les limites du supportable sont déjà atteintes, avec une rédaction totalement exsangue, est le meilleur moyen de démoraliser définitivement ceux qui croient encore en l’avenir de ce titre ! A l’heure où la rédaction se réorganise en bimédia, ce qui veut dire plus de travail pour tous, ce type d’annonce marque un profond mépris pour tous les salariés. C’est la réponse de la direction aux efforts fournis par tous les salariés alors que les départs succèdent aux départs sans qu’il y ait de remplacement », explique le SNJ dans un tract diffusé le 25 novembre.

Suite à cette annonce, la section SNJ de La Tribune a aussitôt convoqué une assemblée générale et organisé un référendum. A la question : « Êtes-vous favorable à la dénonciation de l’accord portant sur la réduction du temps de travail ? », les 90 journalistes votants ont répondu NON à 93,33 % (90,70 % de NON sur l’ensemble de la société).

Les salariés devaient être à nouveau invités à une assemblée générale ce 29 novembre. Un préavis de grève a en outre été déposé.

Le Groupe Express Roularta veut diminuer le nombre de journées de RTT

1 septembre 2010 Poster un commentaire

Selon un tract intersyndical (SNJ et FO de Groupe Express Roularta, CGT de L’Etudiant) reproduit sur le blog SNJ du groupe Express, la direction de Roularta entend raboter le nombre de journées de RTT accordées aux salariés. Son objectif : les ramener de 22 à 13 !  Selon les trois sections syndicales, ce projet scandaleux est injustifié, sans fondement économique, « uniquement motivé par la volonté de la direction d’en finir avec les RTT. »

« Sa mise en œuvre ne pourra être que néfaste pour tous les salariés déjà malmenés par l’accroissement de leur charge de travail et la baisse des effectifs », indiquent les auteurs du blog. Le SNJ, FO de Groupe Express Roularta et la CGT de L’Etudiant lancent un appel à tous les syndicats en vue d’une future assemblée générale, prévue courant septembre.

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